Emeline, 23 ans, étudiante en Master 1 d’écologie Poétique
J’avais 8 ans quand mon école a fait un signalement. Une famille m’a alors accueillie dans le cadre d’un placement judiciaire. Jusqu’à mes 12 ans j’ai alterné entre familles d’accueil et placements à domicile chez ma mère avec des éducateurs qui venaient régulièrement. Mais c’était toujours compliqué à la maison, j’avais peur. Moi, tout ce que je voulais c’était rester dans la même école avec mes amis, mes repères.
Finalement j’ai été placée dans un foyer d’urgence à Salons où je suis restée pendant 3 mois. J’ai fait mon possible pour continuer d’aller dans mon lycée à Martigues en faisant les aller-retours tous les jours. Ça a duré un mois mais le rythme était trop dur, je n’y arrivais plus. On m’a alors trouvé une famille d’accueil à Fos-sur-mer. Au début, nos rapports étaient très compliqués, je fuguais souvent. Mais ils ont été patients et j’ai fini par les accepter. J’ai pu poursuivre ma scolarité et j’ai obtenu mon bac , une grande victoire pour moi. J’ai obtenu un CJM de 18 à 21 ans, de ma prépa littéraire à ma deuxième année de licence en philo.
Pendant le confinement j’ai écrit un livre “Journal d’une confinée en 9m2”. C’est à cette période que j’ai connu l’ADEPAPE 13 via les réseaux sociaux. Comme je travaillais je n’avais pas spécialement besoin d’aide, mais je trouvais ça fou qu’une association de ce type
existe. Je pensais que tout le monde n’avait rien à faire de “nous”. Finalement, j’ai décidé de me rapprocher de l’association pour le lien social. C’est rassurant d’avoir un lieu dédié et de savoir que je peux recevoir de l’aide. Aujourd’hui, je la conseille auprès d’autres jeunes qui sont dans le besoin.
Le mot d’Emeline :
Il faut rester concentré sur ses objectifs et s’autoriser le droit de rêver. Prenez votre revanche sur la vie. Votre passé n’est pas irréversible. Ne pas avoir les bonnes cartes dès le début de la partie ne veut pas dire que la suite sera pareille, au contraire ! Tout
dépend de vous, rien n’est impossible. Avec ce que vous avez vécu vous ne pouvez pas lâcher, au contraire continuez, persévérez ! A mon frère Yanie : “rappelle-toi que tes forces sont à la hauteur de tes blessures. Surtout ne baisse pas les bras et n’oublie jamais que je t’aime”.