
Nina, 24 ans, étudiante en 5e année à la faculté dentaire de La Timone
Mon père était schizophrène et ma mère avait des déficiences intellectuelles. Tous deux avaient de lourds traitements à prendre au quotidien. Quand j’avais 3 ans j’ai été retrouvée dans le coma chez moi. Mon père m’a conduite à l’hôpital. Ma famille était déjà surveillée, trois de mes grandes sœurs avaient déjà été placées ainsi que mes petits frères. Suite à cet épisode j’ai aussi été dirigée en famille d’accueil. De mes 3 ans à mes 18 ans je suis restée dans la même famille. Ça s’est très bien passé. J’ai eu la chance d’avoir de la stabilité dans mon enfance. Je les considère comme ma « vraie famille ». C’est ma famille de cœur. Ce sont des personnes qui m’ont aimée et soutenue toute mon enfance et encore aujourd’hui !
J’ai obtenu mon Bac S en 2015. Mes stages de découvertes dans le milieu médical m’ont permis de réaliser très vite que je voulais poursuivre dans cette voie. Nous avons quitté le Nord et j’ai effectué ma première année commune aux études de santé à La Timone. Se retrouver dans une autre ville quand on ne connaît personne c’est compliqué. Les débuts ont été difficiles, j’ai dû m’adapter et la charge de travail était énorme, j’ai redoublé ma première année. Après mes deux années de PACES, ma famille a déménagé dans le VAR et j’ai eu mon propre appartement sur Marseille. Je suis ensuite rentrée en dentaire. Étant originaire du Nord, ma famille était déjà en contact avec l’ADEPAPE qui m’avait soutenu pour ma deuxième PACES. Mais en effectuant mes études à Marseille il était plus judicieux de contacter l’ADEPAPE de mon nouveau département.
Du coup la Présidente de l’ADEPAPE de Lille nous a mis en relation avec Hamza, le Président de l’ADEPAPE 13. J’ai pu bénéficier d’une nouvelle aide mensuelle pour mes études.
Le mot de Nina :
Il ne faut pas perdre confiance. Ne pensez pas que vous êtes moins bon que les autres, vos difficultés peuvent vous donner la rage de réussir. Ne vous dites pas « je fais partie de l’ASE donc je ne réussirais pas ma vie”. Si vous avez un soutien vous pouvez réussir, ne perdez pas courage ! Créez des liens forts, gardez des relations stables, gardez le cap. Ne vous dites pas que ça ne sert à rien, que vous êtes différents des autres mais utilisez votre passé comme une arme pour réussir !